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Festival du Livre de Paris : Djaïli Amadou Amal, une femme puissante

Dernière mise à jour : 19 avr.


(par Olivier THIBAUD)


Cette édition du Festival du Livre de Paris s’est déroulée du 17 au 19 avril 2026 au Grand Palais de Paris.

Elle célébrait particulièrement la diversité culturelle et les récits d'évasion.

Une thématique « Le Voyage » :

qu'il soit géographique, imaginaire ou intérieur, le voyage irriguait les tables rondes et les sélections d'ouvrages cette année.



Le Grand Palais


Le Festival reste le rendez-vous incontournable pour :


- les dédicaces : des centaines d'auteurs français et internationaux présents sur les stands des éditeurs ;


- la BD et la Jeunesse : un espace important est dédié au 9ème art et aux jeunes lecteurs avec des ateliers et des animations spécifiques ;


- la Scène Agora : des débats de société pour décrypter le monde actuel à travers le prisme des sciences humaines.



La nef du Grand Palais


Djaïli Amadou Amal a été l’une des voix les plus attendues de cette édition 2026 du Festival du Livre de Paris.



Djaïli Amadou Amal


Fidèle à son engagement pour la cause des femmes et le dialogue entre les cultures, l'autrice camerounaise (lauréate du Prix Goncourt des Lycéens 2020 pour Les Impatientes) était présente sur le stand de son éditeur, Emmanuelle Collas.

Un moment idéal pour échanger quelques mots avec elle sur la puissance de ses récits engagés.


Djaïli Amadou Amal a marqué les esprits avec des œuvres poignantes qui brisent les tabous :


- « Les Impatientes »

Un roman bouleversant sur le mariage forcé et la polygamie.


- « Cœur du Sahel »

Une immersion dans les violences sociales et climatiques de sa région d'origine…


- « L’Espoir », son dernier ouvrage (2)



Pinar Selek (g.) et Djaïli Amadou Amal (d.)


Des femmes puissantes


Le samedi 18 avril Djaïli Amadou Amal et Pinar Selek (1) étaient les actrices d’une rencontre animée par Valérie Marin La Meslée sur le thème « Des femmes puissantes ».

Un dialogue croisé, moment fort de la présence commune de deux voix puissantes qui explorent l'oppression et la résistance.


Comment faire face à la maladie, au deuil, à la peur et au chagrin ?

Et si la mythologie, l’art, la musique et la beauté pouvaient nous y aider ?

Comment s’affranchir du poids des traditions, peules et musulmanes pour l'une, comment tenir face a un pouvoir qui vous menace de prison depuis presque trente ans…



Pinar Selek 


(1)

Pinar Selek est une sociologue, écrivaine et militante turque, dont le combat pour la liberté et les droits humains est devenu un symbole international.



L’Espoir

Par Djaïli Amadou Amal

Éditions Emmanuelle Collas

165 pages

Parution mars 2026


(2) Née dans le nord du Cameroun, Djaïli Amadou Amal a trois ans quand elle réalise que sa mère est une étrangère qui, pour ne pas oublier d'où elle vient, l'oblige à se souvenir de la famille laissée derrière elle, en Egypte, pour suivre son mari au Cameroun.

Elle découvre alors qu'elle est « l'Espoir » des siens.

De sa jeunesse à sa première demande en mariage, Ama interroge ses origines.

Sa double culture, arabe et peule égyptienne et camerounaise; l'amour de ses parents et leur choix de vie ; le racisme interfamilial et interethnique ; le poids des traditions contradictoires, jusqu'au moment où les ennuis commencent.

Avec un rare sens du romanesque, Djaïli Amadou Amal évoque les joies et les tourments d'une enfant aux prises avec les préoccupations des adultes dont se heurtent les cultures.

Elle a l'art du récit, ménage ses effets, ne se prive pas d'humour et nous rend tous complices de son histoire - qui fait d'elle la femme écrivaine et militante, maintes fois primée, qu'elle est aujourd'hui.


« Goggo Nanna n'avait pas d'enfant et elle s'était donné comme mission de s'assurer que nous serions peuls et que nous maîtriserions à la perfection le pulaaku.

Ne pas laisser l'identité de ma mère et de ses amis arabes phagocyter celle qui devait rester la nôtre, la plus importante et la plus belle à ses yeux, la peule. »

Djaïli Amadou Amal


Son prénom a déterminé son destin: Amal signifie Espoir.

Elle est l'espoir de sa famille suite à la mort de sa grande soeur.

Elle ne peut pas mourir.

Il y a des personnages hauts en couleurs comme sa tante peule Goggo Nanna ou sa grand-mère paternelle Ayya.

Elle nous offre les moments intimes et les histoires les plus marquantes de sa famille.

Le livre s'arrête au début de l'adolescence.

Elle a alors 13 ans et déjà deux demandes en mariage.

La suite viendra sans nul doute lors d’un prochain roman que l’on imagine aussi autobiographique.

On devrait y retrouver les thèmes abordés lors de ses précédents livres :

mariage forcé, racisme, condition féminine, esclavagisme, excision, polygamie…

À suivre donc !


- voir également les articles :


  • Les Impatientes » : à la rencontre de Djaïli Amadou Amal



-- DJAÏLI AMADOU AMAL : LES IMPATIENTES




De g. à d. : Djaïli Amadou Amal,  Emmanuelle Collas, Badiadji Horrétowdo



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