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Á lire, en attendant la rentrée littéraire

Dernière mise à jour : 3 oct. 2021

La rentrée littéraire – phénomène typiquement français- c’est dès septembre 2021 quelque 520 livres qui sont offerts aux lecteurs francophones .

Pour sa part, le jury du Prix de la Presse Panafricaine a dès à présent sélectionné pour son édition 2022 le tout nouvel ouvrage de David Diop « La porte du voyage sans retour » .

Le franco-sénégalais David Diop est loin d’être un inconnu puisqu’il est le lauréat du Prix Goncourt des Lycéens 2018 avec « Frère d’âme » qui entame une nouvelle carrière puisqu’il vient d’être à nouveau édité dans la collection de poche « Points », ce qui le rend désormais accessible au plus grand nombre.

Rappelons qu’a été réédité dans la même collection « Points » l’indispensable « Verre cassé » d’Alain Mabanckou que nous faisons figurer dans notre bibliothèque idéale.



« La porte du voyage sans retour »

par David Diop

Éditions du Seuil

253 pages

19€


C’est dans ce qui est en 1750 une concession française que le jeune Michel Adanson – alors âgé de 23 ans - débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale.

Botaniste, il caresse le rêve d’établir une encyclopédie universelle du vivant, en un siècle où l’heure est aux Lumières. Lorsqu’il a vent de l’histoire d’une jeune Africaine promise à l’esclavage et qui serait parvenue à s’évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant de légendes.


Michel Adanson ne jetait rien, et ce sont des dizaines d'objets hétéroclites dont Aglaé sa fille vient d'hériter.

Un meuble bas en acajou marqueté, un petit déclic, un mécanisme secret découvrant une étagère sur laquelle se trouve un maroquin rouge contenant des cahiers sur lesquels Aglaé reconnaît l'écriture fine, serrée et régulière de son père.

L'occasion de découvrir enfin ce père, qui n'avait pas une minute à consacrer à sa famille, trop occupé par la rédaction de son interminable encyclopédie universelle d'histoire naturelle.

Dans ces cahiers, Michel Adanson raconte ce qui lui est réellement arrivé au Sénégal où il souhaitait se faire un nom dans la botanique.

Il a fait ce voyage pour découvrir des plantes il y a rencontré des hommes et des souffrances.


Ce livre est un roman d'aventure et d'amour porté par une belle écriture, très riche et pleine de sensibilité.


S’inspirant de la figure de Michel Adanson, naturaliste français (1727-1806), David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d’un royaume où la parole est reine…




« Dans le ventre du Congo »

par Blaise Ndala

Éditions du Seuil

363 pages

20€


A partir de l'Exposition universelle de 1958, en Belgique, où les organisateurs avaient imaginé mettre en scène un pavillon exotique exhibant des indigènes dans un décor de pacotille sensé reproduire leur habitat primitif, Blaise Ndala s'attaque au vaste sujet de la colonisation, et des relations ambiguës entre les deux parties concernées.

Lorsque s’ouvre l’Exposition universelle de Bruxelles le 17 avril 1958, Robert Dumont, sous-commissaire du plus grand événement international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a fini par rendre les armes :

il y aura bel et bien un « village congolais » parmi les quatre pavillons consacrés aux colonies.

Le Palais royal a coupé court aux atermoiements du supérieur direct de Dumont, son ami le baron Guido Martens de Neuberg, Commissaire général d’Expo 58.

Dumont ignore que, parmi les onze recrues congolaises mobilisées au pied de l’Atomium pour se donner en spectacle devant les visiteurs venus des quatre coins du monde, figure la jeune Tshala, fille de Kena Kwete III, l’intraitable roi des Bakuba.

Le périple de cette princesse nous est alors dévoilé, entre son Kasaï natal et Bruxelles, en passant par Léopoldville où elle a côtoyé Patrice Lumumba et Wendo Kolosoy, le père de la rumba congolaise, jusqu’à son exhibition forcée à l’Expo 58, où l’on perd sa trace.

Été 2004. Fraîchement débarquée en Belgique, une nièce de la princesse disparue croise la route d’un homme hanté par le fantôme du père.

Il s’agit de Francis Dumont, professeur de droit à l’Université libre de Bruxelles.

Une succession d’événements fortuits finit par dévoiler à l’un comme à l’autre le secret emporté dans sa tombe par l’ancien sous-commissaire d’Expo 58.

D’un siècle l’autre, la petite histoire embrasse la grande pour poser la question de l’équation coloniale :

le passé peut-il passer ?



« Frère d’âme »

par David Diop

Éditions Points

144 pages

6,20€


Voici un roman à la beauté époustouflante à lire d'une traite, ce que l’on appelle un « page turner » .

Il nous plonge au cœur de la terreur, dans les tranchées de la Grande Guerre, vues par un tirailleur sénégalais .

Ce très beau récit, puissant et déchirant à la fois montre la capacité de l'homme à se surpasser parfois dans la violence , ce sont les circonstances qui réveille ces pulsions sanguinaires ....


« Moi, Alfa Ndiaye, dernier fils du vieil homme, j’ai vu les obus malicieux, les ennemis aux yeux bleus, le ventre ouvert de mon plus que frère, Mademba.

Par la vérité de Dieu, j’ai entendu le capitaine Armand et son sifflet de mort, les cris des camarades. Ils disent que je mérite une médaille, que ma famille serait fière de moi.

Moi, Alfa Ndiaye, dernier fils du vieil homme, je suis tirailleur sénégalais… »


Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau.


Ce qu’ils en disent :


« Un texte d'une puissance déchirante.»

Libération


« Une langue obsédante, chantante, gorgée de métaphores et d'allégories. »

L'Obs



« Verre cassé »

par d’Alain Mabanckou

Éditions Points

248 pages

7,10€



Le franco-congolais Alain Mabanckou signe là ce qui est donné comme l’un des cent meilleurs romans de tous les temps – rien que cela !


Verre Cassé est un client assidu du Crédit a voyagé, un bar congolais crasseux.

Un jour, le patron lui propose d'écrire les histoires héroï-comiques des habitués, une troupe d'éclopés aux destins pittoresques ...

Dans cette farce métaphysique où le sublime se mêle au grotesque, Alain Mabanckou nous offre le portrait truculent d'une Afrique drôle et inattendue.

Ce qu’en dit Bernard Pivot ?

« Verre Cassé est une œuvre truculente, exubérante, bavarde, tonitruante, d'un comique sans retenue…

La verve d'Alain Mabanckou est un fleuve en crue qui emporte tout sur son passage, les mots, les hypocrisies, les convenances, les traditions, les politiquement correct, l'afro-ethnique…

Une œuvre truculente, exubérante, bavarde, tonitruante, d’un comique sans retenue. »



« Tintin au Congo »

par Hergé

Éditions Casterman

59 pages

11,50€


Le célèbre Tintin part pour l’Afrique, accompagné de Milou son fidèle jeune chien blanc.

Son créateur, un certain Georges Remi, signe Hergé, pseudonyme inspiré par ses initiales.

Les Aventures de Tintin, reporter du Petit Vingtième - le supplément pour enfants du quotidien belge – le mènent donc au Congo.

Devenu sorcier au royaume de Babaoro'm, Tintin déjouera les pièges d'une bande de gangsters qui souhaitaient contrôler la production de diamant au Congo.

L'Afrique, représentée ici de manière naïve, reflète l'esprit paternaliste d'une Belgique colonialiste au début des années 30.

Raciste, anti-écolo, misogyne… tels sont les qualificatifs que l'on a attribués à Hergé pour Tintin au Congo.

On « juge » Hergé selon des critères « modernes », mais que cela plaise ou non, ce que l'on voit dans Tintin au Congo correspond dans les années 30 à la vision de l'Afrique qu'en avait l'écrasante majorité de la population de l’époque.

N’oublions pas que nous sommes en 1931 :

c’est le reflet d'une époque alors coloniale et paternaliste. !

Mais tout ceci à fort heureusement changé depuis !

Cette fameuse BD est donc à replacer dans son contexte…




 
 
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