Lire : Le Viêt Nam en 100 questions, au carrefour d'une nouvelle Asie
- Olivier THIBAUD

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(lu pour vous par Olivier THIBAUD)
Le Viêt Nam est-il encore communiste ?
Est-il un futur géant économique ?
Les terres rares sont-elles l’avenir du pays ?
Qu’est-ce que la « diplomatie du bambou » ?
La Chine est-elle en train d’acheter le Viêt Nam ?
Carrefour économique et culturel entre les sphères asiatique et occidentale, le Viêt Nam, avec 105 millions d’habitants, est devenu le seizième pays le plus peuplé au monde et la nouvelle destination prisée du tourisme français.
En moins de trente ans, il s’est émancipé de son histoire guerrière pour sortir de la pauvreté.
Sa croissance annuelle de 6 à 7 % défie ses dynamiques voisins tels Singapour, la Corée du Sud ou Taïwan.
À l’image du modèle chinois, le Viêt Nam de Tô Lâm exerce un autoritarisme politique combiné au libéralisme économique où l’enrichissement individuel prime sur les libertés individuelles.
En 100 questions clés, l’auteur décrypte les transformations d’un pays devenu un acteur de poids dans la région, ses défis économiques, écologiques, géopolitiques, sécuritaires et sociétaux.
Comprendre l’ensemble de ces enjeux est essentiel si la France souhaite jouer d’une nouvelle influence en Asie.

En préambule nous vous proposons de relire l’article que nous avons publié le 2 juillet sur le même ouvrage :
Pour cette nouvelle lecture nous avons choisi de nous pencher plus particulièrement sur les relations qui lient le Viêt Nam et la France.
Et la question qui nous vient naturellement à l’esprit est la suivante :
la France a-t-elle encore une influence significative au Viêt Nam ?
La réponse est oui, mais sa nature a profondément changé, même si en France sa perception demeure largement figée.
On est passé d'une influence politique/linguistique directe à une influence d'affinité, stratégique et patrimoniale.
Face au poids économique de la Chine, de la Corée du Sud, Singapour, Japon, Taïwan et des États-Unis, la France n'est plus le partenaire prédominant, mais elle occupe cependant un positionnement singulier et respecté.

1. Diplomatie & Stratégie : la carte du « tiers partenaire »
Partenariat stratégique global :
en octobre 2024, la relation franco-vietnamienne a été hissée au rang de « Partenariat stratégique global », le plus haut niveau diplomatique accordé par Hanoï.
Équilibre indo-pacifique :
dans un contexte de tensions entre Pékin et Washington, le Viêt Nam apprécie la France en tant que puissance européenne indépendante, capable de proposer des coopérations en matière de sécurité maritime, d'infrastructures et de transition écologique.
2. Économie & Infrastructures : des liens ciblés
Poids commercial :
les échanges commerciaux dépassent les 9 milliards d'euros par an.
Néanmoins la France n’est plus que le 16° client de Hanoï (1,4% de ses exportations) et son 24° fournisseur (0,6% des importations vietnamiennes).
Implantation industrielle :
plus de 230 filiales d'entreprises françaises (dont une grande partie du CAC 40 comme Airbus, Alstom, TotalEnergies, L'Oréal ou Sanofi) y sont installées.
Mais cela reste modeste par rapport aux 500 pour l’Allemagne et aux 2000 pour le Japon ou la Corée du Sud.
Cependant la France est présente dans de grands projets :
elle intervient fortement dans l'aéronautique (flottes de Vietnam Airlines / VietJet), la santé, l'énergie bas-carbone et les transports urbains (comme la ligne 3 du métro de Hanoï).

3. Culture, Patrimoine & Francophonie
Le recul de la langue :
le français n'est plus la langue des affaires ni de l'administration, supplanté par l'anglais et le mandarin.
Le pays ne compte que 680 000 francophones, soit moins de 0,6% de sa population.
Cependant, le Viêt Nam reste un membre fondateur ancré de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en Asie-Pacifique.
L'empreinte urbaine et culinaire :
l'héritage architectural (Opéra de Hanoï, cathédrale Notre-Dame de Saïgon, bureau central des postes, pont Long Biên) et culinaire (l'adaptation de la baguette en « bánh mì », le café, certaines techniques de bouillon) est complètement assimilé et valorisé dans l'identité contemporaine du pays.
Coopération universitaire et médicale :
la médecine et la recherche forment un pilier historique.
Une part importante des élites médicales et scientifiques vietnamiennes continue d'être formée en partenariat avec des universités et hôpitaux français.
En résumé la France n'exerce plus une influence dominante au Viêt Nam, mais elle y bénéficie d'un « soft power » culturel et académique vivace et d'un rôle diplomatique de premier plan sur la scène européenne.

Le Viêt Nam en 100 questions: Au carrefour d'une nouvelle Asie
de Benoît de Tréglodé
285 pages
Éditeur TALLANDIER
Date de publication 7 mai 2026























