Vente Art Moderne Africain : 4 préemptions du Musée du Quai Branly pour l'École du Hangar

Réalisée par la maison d’enchères ARTCURIAL le 24 mars, la vente d'Art Moderne Africain dédiée aux Artistes du Hangar, aux origines de l’art contemporain africain double son estimation avec près de 300 000 € frais inclus.


Elle est marquée par quatre préemptions du Musée du Quai Branly et un succès tout particulier pour l'artiste Pilipili Mulongoy qui remporte les plus hautes enchères de la session à l'image de l'huile sur toile Oiseaux, adjugée 39 000 € frais inclus .


Pilipili MULONGOY, "Oiseaux" (lot 2)

Huile sur toile, Adjugée 39 000 € frais inclus à un acheteur américain

(estimation initiale : 9 000 - 12 000 €)


Sous le marteau d'Arnaud Oliveux, la vente totalise 294 190 € / 347 144 $ frais inclus, près du double de son estimation globale.

Dès les premières minutes, la vente démarrait sur les chapeaux de roue avec quatre préemptions du Musée du Quai Branly.

Quatre toiles aux thèmes animaliers signées Pilipili Mulongoy vont rejoindre les cimaises de l'institution :

- la toile Animaux à 31 200 € (lot 1)

- un tableau sans titre à 26 000 € (lot 3)

- mais également Serpent et papillons à 3 900 € (lot 4)

- et Guépard à 31 200 € (lot 5).


Lot 5 : Pilipili MULONGOY, "Guépard"

Huile sur toile, adjugée 31 200 €

(est : 9 000 - 12 000 €)

PREEMPTION DU MUSEE DU QUAI BRANLY

La vente ARTCURIAL sous le marteau d'Arnaud Oliveux


La plus haute enchère de la session est remportée également par Pilipili Mulongoy qui est couronné de succès avec l'huile sur toile Oiseaux, adjugée 39 000 €, soit plus de quatre fois son estimation (lot 2).

La vente fut aussi rythmée par plusieurs belles enchères

à l'image d'une huile sur toile sans titre de Sylvestre Kaballa qui multipliait son estimation par dix jusqu'à atteindre 16 900 € (lot 8) ou d'une vibrante huile sur panneau aux tons bleu et vert signée Bela, remportée plus du triple de son estimation à 15 600 € (lot 12).

Enfin la gouache sur papier illustrant Deux oiseaux bleus de Mode Muntu s'est envolée à 13 650 € (lot 23) tandis qu'un tableau de Mwenze Kibwanga changeait de mains pour 10 400 € (lot 28)

Christophe Person, Directeur Art Contemporain Africain - Artcurial, déclare :

« Je suis ravi que ces quatre tableaux spectaculaires de Pilipili rejoignent les collections du musée du Quai Branly, preuve de l’intérêt croissant des collectionneurs privés et des institutions pour l’art moderne et contemporain africain.

Dans les mois à venir, nous poursuivrons les projets à destination des collectionneurs curieux de découvrir la richesse des nombreuses scènes artistiques du continent africain. »


L'École d'Élisabethville – Atelier du Hangar


L’école du Hangar voit le jour à partir des années 1940 à Elisabethville, aujourd’hui Lubumbashi en République Démocratique du Congo, à l’initiative de Pierre Romain-Desfossés.

Au début des années 1940, Romain Desfossés, ancien officier breton de la marine française parcourt l’Afrique avec Bela, de la tribu des Seras à la recherche d’un endroit où s’installer.

Sensibilisé à l’art des indigènes à Brazzaville, lui-même artiste, il s’adonne à la peinture et à l’écriture jusqu’à s’installer à la fin des années 1944 à Elisabethville où la vie culturelle est en pleine ébullition.

Impliqué dans la création de l’Union africaine des arts et des lettres, dont l’objectif est de faire rayonner l’art indigène il crée en 1946 l’académie d’Art indigène, plus connue sous le nom d’« atelier du Hangar ».

C’est un centre d’art dont l’objectif n’est pas d’enseigner l’art occidental aux élèves, mais plutôt de les encourager à expérimenter pour développer leur propre voie.

Selon leur talent, les artistes du Hangar sont orientés vers la peinture soit vers l’illustration ou la décoration. Ici, pas d’école et de professeurs qui contraignent les élèves mais un encouragement à exprimer de sincère leurs perceptions de l’environnement africain.

Remarqués dès 1947 à la suite de la visite du prince Charles, régent de Belgique, à Élisabethville, les artistes du Hangar vont bénéficier d’expositions à Bruxelles, Paris, Rome et Londres. En 1952, le MoMA organise une exposition itinérante aux États-Unis lors de laquelle leurs œuvres sont également montrées.

À la mort de Pierre Romain-Desfossés en 1954, l’atelier du Hangar est intégré à l’académie des Beaux-Arts d’Élisabethville, fondée trois ans plus tôt par le peintre belge Laurent Moonens. Pilipili Mulongoy, Mwenze Kibwanga et Sylvestre Kaballa y deviennent professeurs. Ouverte à tous et comptant parmi les premières écoles interraciales du Congo belge, l’académie propose des formations en dessin, architecture, céramique, peinture et sculpture.

Tous liés aux thèmes de la nature, Bela, Mweze Kibwanga, Pililipi expriment chacun avec un vocabulaire qui leur est propre les scènes de chasse, de pêche et les cérémonies.

Animaux sauvages, poissons, oiseaux et chasseurs évoluent à la manière de fables de la savane.


Prochains rendez-vous d'art contemporain africain chez Artcurial :

- 23 mai 2021 à La Mamounia à Marrakech ;

- 15 juin 2021 à Paris en partenariat avec la maison de vente sud-africaine Aspire.


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