CONTINENTS NOIRS dernières parutions

La collection Continents noirs a été souhaitée et créée en 2000 par l’éditeur Antoine Gallimard et l’écrivain traducteur Jean-Noël Schifano .

L'idée de cette collection, suggérée à Antoine Gallimard par Jean-Noël Schifano est née lors d'un déplacement commun au Gabon pour y animer un cycle de conférences .


Les premiers ouvrages de cette collection ont été annoncés un an après ce déplacement au Gabon.

Pour Jean-Noël Schifano, « les écritures africaines (...) sont pleines de liberté, de grâce rebelle, d'invention, de force, sans joug dans les mises en joue des mots, de cette fluidité langagière et syntaxique souvent perdue en France et en Europe depuis le XVIIème siècle, » et c'est cette inventivité et cette liberté littéraire qui devient un de ses critères majeurs de sélection de nouveaux auteurs pour cette collection.

Les cinq premiers auteurs et ouvrages (tirés entre 3 000 à 4 000 exemplaires) sont :

« La Révolte du Komo » d'Aly Diallo, « Le cri que tu pousses ne réveillera personne » de Gaston-Paul Effa, « Lagon, lagunes » de Sylvie Kandé avec une postface de l'écrivain martiniquais Edouard Glissant, « Histoire d'Awu » de Justine Mintsa et « L'Ivrogne dans la brousse d'Amos » Tutuola.


Cette collection Continents noirs - au pluriel - a, depuis, publié des auteurs de tous les continents.

À sa création, la nouvelle collection de la rue Gaston Gallimard a été une des plus décriées de l’histoire de la maison Gallimard, certains journalistes lui reprochant d’être communautariste.

Toutefois cette polémique cesse au fil des années avec la publication de livres qui démontrent que le point commun de tous les auteurs de cette collection est une certaine exigence littéraire.


Chaque année « Continents Noirs » reçoit quelque 600 manuscrits pour n’en publier…que 5 ou 6 !


Dernières parutions et parutions à paraître…


Le temps liquide

Par Nimrod

Parution : 04-03-2021


Comment ne pas être ému par Le voyage de Clermont-Ferrand, en point d'orgue du recueil, rencontre dans un train où se joue ce vertige d'identités jusqu'au deuil du fils aimé ?

Et au mot du jeune Oumar qui passe au « tu » comme un fils nouveau ou ressuscité ?

Juste avant le cauchemar où l'auteur voit son squelette sortir de sa propre peau, comme dans une vanité quotidienne.

La veine autobiographique palpite dans ces récits, et dans le dernier, avec le nom même de Nimrod...

Le premier récit, à Venise où « Jamais bain d'iode n'abolira le hasard », annonce la navigation de nos destinées, avec ou sans dés, qui remuent et stagnent, courent entre l'extrême beauté et l'extrême laideur, même quand les anges donnent rendez-vous aux carrefours dans l'impudeur inqualifiable de l'harmonium et que l'horizon des Sahéliens « résonne avec la poussière »...

Les tesselles de cette mosaïque des quatre éléments sont placées avec tellement d'humour, aussi, et de bonheur.

La vraie profondeur, c'est ce que l'écrivain monte et montre à la surface.

Au fil du temps, au fil de l'eau, au fil de l'écriture et de la vie…


L’enfant que tu as été marche à côté de toi

Par Gaston-Paul Effa


Parution : 04-02-2021


« Le temps semblait suspendu.

Alors il ferma les yeux, pour les rouvrir presque aussitôt. Mieux valait les garder ouverts, les tireurs ne devaient pas être loin, il ne savait plus.

Les ferma à nouveau, il ne pouvait s’en empêcher, les rouvrit, grands, comme le petit garçon dans les bras de sa mère.

D’où venait soudain cette joie de vivre, cette déferlante qui les portait, lui et sa mère, incapable de se souvenir pourquoi ils étaient si heureux.

Il sourit aux étoiles, ses paupières se refermèrent. »

Le 11 décembre 2018, au marché de Noël, la ville de Strasbourg est frappée par un attentat terroriste. Témoin et victime de l’horreur, le narrateur croit sa dernière heure arrivée.

Des bribes de son passé l’envahissent alors, chargées d’émotions singulières.

Gaston-Paul Effa saisit avec acuité ces moments charnières au cours desquels se joue l’adulte futur.

Il dit comment les retrouvailles avec l’enfant que l’on a été permettent de surmonter les blessures de l’existence.

Nourri de réminiscences et de rêves d’exil, ce roman de la résilience nous permet de dépasser les frontières tantôt dramatiques, tantôt jubilatoires entre l’enfance et l’âge d’homme.


Perdre le corps

Par Théo Ananissoh

Parution : 14-01-2021


« Il ne me quitte pas des yeux.

Un instant, puis :

« Je vous propose d'aimer Minna à ma place. »

Il enchaîne sans laisser cette phrase pénétrer mon esprit.

« Vous lui faites la cour comme par hasard et ainsi de suite.

Je ne vous demande pas de l'épouser.

Ce n'est pas mon affaire.

Cela dépend aussi d'elle, bien entendu.

Je vous demande juste, si je puis dire", il me montre deux doigts écartés, "deux années de liaison assidue avec elle; et vous recevrez cette maison en échange." »

Jean Adodo, togolais, homme mûr qui revient de Suisse où il a vécu une trentaine d'années, propose donc au jeune Maxwell Sitti de séduire une certaine Minna contre rétribution conséquente.

Agent immobilier, Maxwell peine à gagner sa vie dans une Lomé de magouilles et de vices, et il est prêt à refuser ce contrat insensé.

Mais quand il rencontre la belle Minna dans le pressing où elle travaille, il tombe amoureux - éperdument.

Maxwell apprend peu à peu que Jean et Minna, en réalité, se connaissent à peine de vue...

Mais alors, que signifie ce que Jean Adodo lui demande de faire, et si largement rémunéré ?

Quelle intention se cache derrière cette mise en scène périlleuse ?

Qui est Jean Adodo, au juste ?...

Une bien étrange mission au fil de l'amour, de l'amitié, à corps perdu.


Brûlant était le regard de Picasso

Par Eugène Ébodé

Parution : 14-01-2021


À quatre-vingts ans passés, Mado, née d’un père suédois et d’une mère camerounaise, vit à Perpignan et se souvient :

de son enfance à Edéa, au Cameroun, sur les bords de Rivière blanche et rouge, avant que n’éclate la deuxième guerre mondiale, ses horreurs et ses bouleversements. Elle revoit son départ inattendu vers la France où l’entraîne une mère adoptive aux nerfs fragiles.

Les voici en escale à Témara, au Maroc, ovationnant le général de Gaulle venu stimuler la 2ème DB du général Leclerc en route vers le débarquement en Normandie. Lui revient aussi son escale à Constantine, en Algérie, où la Victoire des Alliés s’achève dans des explosions de joie mais aussi de colère.

Arrivée à Perpignan, Mado déplore et le froid et les regards de biais sur une Métisse chagrine qui, longtemps, a cru sa mère biologique morte.

C’est à Céret que Mado deviendra l’amie et l’égérie secrète de plusieurs artistes de renom :

Picasso, Matisse, Haviland, Soutine, Chagall, Masson, Dali…


La bonne histoire de Madeleine Démétrius

Par Gaël Octavia


«Mon amie Madeleine m'a demandé d'écrire son histoire. Elle m'a téléphoné et m'a lancé, de but en blanc, qu'elle allait me raconter quelque chose et que j'allais en faire un livre.

D'abord, j'ai pensé :

mon amie me demande de raconter son histoire.

J'ai souri :

mon amie sollicite mes compétences d'écrivaine, mon amie reconnaît mon talent.

Puis je me suis rappelé :

Madeleine n'est pas mon amie.

Pas à proprement parler.

Elle l'a été, au lycée.

Elle ne l'est plus.

Aujourd'hui, ça fait à peu près vingt ans que je n'ai plus revu Madeleine volontairement.

Au téléphone, elle a simplement précisé :

« C'est quelque chose qui m'est arrivé pour de vrai. Ça fera une bonne histoire.

Un livre qui te rapportera de l'argent, je pense. »

Qu'était-il donc arrivé à Madeleine Démétrius, la Mulâtresse, «fille de médecin, médecin elle-même, bien mariée, légitime,» qui méritât que l'on en fasse un livre?

Pour la narratrice, Martiniquaise à l'enfance pauvre venue s'exiler à Paris, mère célibataire vivant de chick lit (1), ces retrouvailles sont surtout l'occasion de démêler les fils d'une amitié brisée et d'exhumer de douloureuses questions enfouies, non sans de grandes bouffées d'ironie et de bonheur.


(1) « chick lit » ou « chick literature » sont utilisées depuis 1996 pour désigner des romans et comédies sentimentales écrits par des femmes à destination du public féminin.



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